George(s) : who else ?

Georges Brassens j’aime bien mais j’ai toujours préféré Brel. Voilà, c’est dit, et le moustachu qui grattait sa guitare dans la télé en noir et blanc faisait davantage craquer mes parents que moi d’autant que Georges Brassens était Sétois, comme mes parents. Autant dire que les notes du Gorille, des Bancs publics, les Copains d’abord, les sabots d’Hélène ou encore Fernande ont toujours plus ou moins résonné dans l’appartement familial, sans pour autant détrôner Brel dans mon panthéon musical.

Et puis voilà, en mai dernier, au Studio Théâtre, tout a changé. Brutalement. Il a suffit d’aller voir et écouter, le Cabaret Brassens, mis en scène par Thierry Hancisse, pour basculer dans la Brassensmania.

Le Cabaret Brassens revisite les textes du chanteur, les revivifie, balaie le tout et y injecte une bonne dose d’arrangement jazzy ou tsigane. Ca swingue dans les fauteuils et les 6 comédiens-chanteurs s’en donnent à coeur joie, jonglent avec les mots et les phrases, se les renvoient dans un beau jeu collectif ou chacun partage avec ses coéquipiers le plaisir de s’approprier les chansons en toute liberté.

Tous sont en parfaite communion avec les textes du chanteur, s’amusent comme des pitres sur Le Cocu, La fessée, La (délicieuse) ronde des jurons… Les bancs publics m’ont je l’avoue fait craquer, je suis (re)tombée amoureuse de l’immense Serge Bagdassarian qui chante Il n’y a pas d’amour heureux, le poème d’Aragon que Brassens avait interprété, j’ai découvert Jérémy Lopez… ri devant la File indienne…

La mise en scène est toute simple, nous pourrions être dans dans un bistrot ou un sous-sol, quelques palettes sont posées à même le sol, quelques potes sont là avec un piano, une contrebasse, une guitare et puis voilà que l’un entonne une chanson, l’autre le rejoint et le tout se transforme en un boeuf étonnant qui emballe le public dès les premières notes.

Et Brassens, dans tout ça, me direz-vous ? En bien je pense qu’il serait heureux et fier de voir les comédiens Français s’approprier ses textes avec autant d’intelligence et de sincérité. Ils s’amusent follement, c’est communicatif, on se régale, on en redemande, on n’est pas les seuls, toute la salle applaudit deux fois, trois fois, cinq fois, les ouvreuses rentrent pour voir les reprises. On en sort avec une envie folle, folle d’y retourner et ça fait franchement du bien.

 
Cabaret Brassens
Comédie Française
Mise en scène de Thierry Hancisse

Une réflexion sur “George(s) : who else ?

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