Volpone, ou le renard

Nous sommes à Venise où le riche Volpone, avec l’aide de son valet Mosca, met en scène son hypothétique trépas afin de duper Corbaccio, Voltore et Corvino, et faire croire à chacun d’eux qu’il est son futur héritier. Cupides, les trois notables redoublent de cadeaux, flatteries et autres simagrées dans le seul but de recueillir la fortune du gisant. Ils seront tournés en ridicule après moult ruses et grimages, mensonges éhontés et procès rocambolesque.

Une jolie comédie d’un auteur moins connu que son contemporain Shakespeare mais qui fut tout aussi célèbre. L’intrigue est rapide, les situations tragi-comiques s’enchaînent et la comédie devient une farce virevoltante qui n’est pas sans rappeler les comédies de Molière et la Comédia dell Arte. Sous la farce se montre une critique grinçante des bourgeois avides prêts à tout sacrifier, y compris leurs femmes et leur honneur, pour l’appât du bien.

Les comédiens s’amusent visiblement comme des fous : bravo à Frédéric Roger en Volpone délicieusement ridicule et à Olivier Banse en Mosca rusé et facétieux, tout comme aux autres vautours et corbeaux et avocats verbeux. Je les ai préférés à Joyce Brunet (un poil trop grimaçante Lady Would-Be ?) ou Anne-Fanny Kessler (qui paraît plus fade en femme de Corvino). Mais l’ensemble s’amuse follement, cabotine parfois (aidée par un public plus qu’hilare) en parfaite harmonie.

La mise en scène tire judicieusement profit du lieu – magnifique – du Théâtre de verdure du Shakespeare au Pré Catelan : les spectateurs sont invités à tourner leur chaise au fil des actes et de la représentation à 360°. Les comédiens surgissent des bosquets, se cachent derrière un arbre, se faufilent dans une grotte ou utilisent un muret de lierre en guise de palais de justice (la scène du procès est un grand moment burlesque et a déclenché de francs éclats de rire).

Bref, si le coté parfois tonitruant est en peu entêtant, le jeu des comédiens, la mise en scène et l’intrigue réjouissante composent un bien joli moment de théâtre, dans un cadre idyllique. A découvrir avec ses enfants, sa grand-mère… qui ne manqueront pas de s’amuser. Ah si, dernière chose : prévoir une petite laine, au cas où, la dernière heure se faisant un poil frisquette.

Volpone – Ben Jonson

Mise en scène Carine Montag

Avec Frédéric Roger, Olivier Banse, François Lis ou Emmanuel Guillon, Pascal Lifschutz, Jérôme Sétian, Joyce Brunet, Martin Verschaeve, Jean Siffermann, Anne-Fanny Kessler

Théâtre de Verdure du Jardin Shakespeare.

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