Good morning, good moooorning, to you… Singin in the rain – MES Robert Carsen

JV7Z9Formidable adaptation du non moins formidable film musical tourné en 1952 avec Gene Kelly, Singing in the rain est the comédie musicale à voir en cette fin d’année au théâtre du Châtelet.

L’histoire est celle de Don Lookwood, star du cinéma muet, et de Lina Lamont, sa partenaire à l’écran. Le passage au cinéma parlant va bouleverser leurs carrières, Lina étant affublée d’une voix nasillarde et ridicule. Don et son ami d’enfance Cosmo Brown rencontrent Kathy Selden, jeune actrice inconnue qui va doubler Lina dans son premier film parlant, The dancing cavalier, et faire croire aux milliers de fans que Lina sait chanter.

Tout est réussi dans la mise en scène de Robert Carson : la mise en abyme, d’une part, de ce cinéma muet qui périclite à la naissance d’un nouveau genre, le musical, qui va révolutionner le 7ème art en ces années d’entre-deux guerres. Des écrans et projections permettent aux spectateurs de passer derrière l’écran et s’immerger dans la fabrication des films, les répétitions, les impératifs commerciaux et scéniques (le passage du micro sur le cœur de Lina est hilarant). Les scènes et les décors (somptueux) s’enchainent en un tourbillon effréné et les chorégraphies, millimétrées, parfaitement réussies sont étourdissantes.

Il faut dire que les artistes, tous exceptionnels, brillent dans toutes les disciplines : chant, danse, claquettes, comédie, et enchaînent avec une facilité déconcertante des passages qui sont sans doute mérité des heures de travail acharné. Nous sommes dans un grand show à l’américaine et, en artistes complets et accomplis, Dan Burton, Daniel Crossley, la drôlissime Emma Kate Nelson (Lina Hamont) et Clare Halse partagent avec brio le haut de l’affiche. L’ensemble de la troupe est excellent, notamment Emma Lindars dans son rôle de coach vocal.

Un dernier mot sur la scénographie que j’ai trouvée d’une grande beauté. Entièrement dans les tons gris, noirs, blancs, ou parfois dorés ou argent, décors et costumes forment un régal pour les yeux, rappelant ce vieux cinéma noir et blanc qui laissera sa place au parlant et au technicolor. Le tout, élégant, recherché est follement esthétique. Seul le final est éclatant de couleurs, les cirés jaunes et les parapluies de couleurs vives éclaboussent, virevoltent, en une apothéose grandiose et délirante de joie. Le public, debout, en redemande, applaudit à tout rompre et rêve d’y revenir.

Un magnifique hommage donc, à une époque oubliée mais toujours aussi enivrante.

Singin in the rain, Mise en scène : Robert Carsen

Théâtre du Châtelet, jusqu’au 15 janvier 2016

Avec Dan Burton , Daniel Crossley, Clare Halse , Emma Kate Nelson , Robert Dauney , Emma Lindars, Matthew Gonder , Matthew McKenna, Karen Aspinall.

Direction musicale : Stephen Betteridge , costumes : Anthony Powell, chorégraphies : Stephen Mear décors : Tim Hatley, Orchestre : Orchestre Pasdeloup, dirigé par Stephen Betteridge

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