Un hommage terriblement Molière

terriblement

Que l’on connaisse ou pas l’intégralité de l’oeuvre de Molière, on a tous des souvenirs de collège et des extraits en tête. Que ce soient le passage de la cassette dans L’avare, la leçon du maître de philosophie dans Le bourgeois gentilhomme, ou le fameux Le petit chat est mort de L’école des femmes, on le connait tous, donc, et c’est donc le coeur vibrant de souvenirs que l’on assiste à l’hommage que lui rend la Compagnie Les enfants terribles (qui ne dira aucun de ces extraits là mais plein d’autres 🙂

Tout commence le matin du 17 février 1673. Molière va donner la quatrième représentation du Malade imaginaire. Il souffre de tuberculose et écrit une lettre au Roi qui n’assiste plus aux représentations. Poquelin se penche sur les raisons de cette disgrâce royale et, entouré d’Armande Béjart, de son fidèle LaGrange et de Catherine de Brie, il va rejouer les scènes qui lui tiennent à coeur, en commençant bien sûr par la découverte du corps faussement inanimé d’Argante par sa femme dans le Malade. A travers des extraits de L’avare, Le misanthrope, Les fourberies de Scapin, Le Bourgeois Gentilhomme, Les femmes savantes,… nous voilà plongés dans un voyage dans les pièces de Molière les plus connues, en vers et en prose.

Le fil conducteur imaginé par Xavier Devichi tient sans conteste la route et la mise en scène sobre et ingénieuse de Vincent Messager rendent les enchainements limpides et rythmés. Les quatre comédiens jouent avec un plaisir évident et enchaînent les rôles avec une belle fluidité et sans temps mort.

Excellentes surprises, Melissa Gobin-Gallon (Armande Béjart) enchaine les rôles avec une aisance étonnante, et, de Toinette à Henriette, nous régale de son jeu vif et toujours juste ; Grégoire Biessy (La Grange) passe lui aussi avec une remarquable agilité d’un rôle à l’autre. Visiblement guidés par une passion communicative, dotés d’une diction impeccable et d’une indéniable présence scénique ils font partie intégrante du succès de la pièce. A leurs cotés, Xavier Devichy (Molière) et Christelle Furet (Catherine De Brie) ne sont pas en reste avec une interprétation au cordeau. Cerise sur le gâteau, les extraits dansés le sont sur les musiques de Lully et les costumes de Olivier Pétigny sont à la fois malicieux et élégants.

Que l’on aime un peu ou que l’on adore Molière, on retrouvera avec plaisir ces pans entiers de l’oeuvre du fondateur de la Comédie Française. Les collégiens qui ont assisté à la représentation dédiée au Festival de Maisons Laffitte ont ri de bon coeur et les adultes ont tout autant ri et savouré cet hommage de qualité.

Bref un très bon moment que je conseille vivement aux amoureux du dramaturge, et aux autres.

Don-Juan c chala

Terriblement Molière

D’après Molière, adaptation de Xavier Devichy

Par la Compagnie Les enfants terribles

Mise en scène Vincent Messager

Avec Grégoire Biessy, Xavier Devichi, Christelle Furet, Mélissa Gobin-Gallon et Vincent Messager

Laurette Théâtre

Mercredis et jeudis à 21h30 – jusqu’au Jeudi 19 Mai 2016

Vu au Festival de Théâtre de Maisons Laffitte

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Une réflexion sur “Un hommage terriblement Molière

  1. Pingback: L’huître – Didier Caron – Festival de Maisons Laffitte | Théâtr'elle

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