Fission : Responsable mais pas coupable ?

fission

Les scientifiques ont-ils une part de responsabilité morale dans la création d’une bombe nucléaire ou autre engin mortel  ? Peuvent-ils s’exonérer de toute culpabilité en plaçant la science au dessus de tout ? C’est une des questions soulevées par Jacques Treiner, physicien, et son fils Olivier Treiner, cinéaste, dans Fission, que présente le petit théâtre de la Reine Blanche jusqu’au 22 juin. Les deux auteurs situent Fission à la fin de la deuxième guerre mondiale : à la demande de leur gouvernement, une équipe de scientifiques allemands travaillait sur la mise au point d’une bombe atomique (Otto Hahn a découvert le phénomène de la fission nucléaire en 1938) mais ils furent capturés par les alliés avant de voir leurs travaux aboutir. Retenus près de Cambridge, en Angleterre, leurs conversations étaient enregistrées nuit et jour par les forces alliées. L’intrigue se situe le 6 août 1945, après l’explosion de la première bombe. L’annonce a un effet dévastateur sur ces chercheurs, divisés entre dépit d’avoir été doublés par les américains et effarement face aux nombre de victimes qu’ils devinent sans difficulté.

fission william parra

Photo William Parra

Découvrir n’est pas créer !

Dans une mise en scène (Vincent Debost) aussi austère que parfaitement géométrique et une atmosphère sombre, les comédiens incarnent avec un réalisme abrupt ces chimistes et physiciens accablés par la défaite autant militaire que scientifique. La mise en scène jongle adroitement avec quelques retours dans le passé et permet au spectateur de comprendre le déroulement de leurs recherches et l’acharnement, la passion scientifique qui les poussait à chercher encore et les rendait sourds aux conséquences possibles de leurs travaux. Si l’accent légèrement méridional de Christian François (Otto Hahn) détonne dans cet univers germanique, l’ensemble de la distribution est homogène et tous proposent un jeu précis et net qui laisse la part belle au sens du texte qui nous est proposé.

Découvrir n’est pas créer, dit l’un d’eux. Et tenaient-ils tellement à réussir ? Entre réalité et fiction, Fission ouvre la porte à une réflexion morale que chaque spectateur pourra approfondir à son gré.

A savoir : Otto Hahn a reçu le prix Nobel de Chimie en 1944, prix qu’il ne put aller chercher qu’en 1946. Après la guerre, il milite activement contre les armes nucléaires et l’utilisation de la science à des fins inhumaines.

 

Fission

De Jacques Treiner et Olivier Treiner

Mise en scène : Vincent Debost

Avec : Stéphane Lara, Marie-Paule Sirvent, Alexandre Lachaux, Christian François, Benoit Di Marco, Romain Berger et Raphael Treiner

Théâtre de la Reine Blanche

Impasse de la Ruelle

75018 Paris

Réservations au 01.40.05.06.96

Jusqu’au 22 juin

 

 

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