TROUBLES, d’après Joël Pommerat, MES Laurent Bellambe

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LOST IN POMMERAT

Etrange cabaret que ce Troubles présenté au XXVIeme festival de Maisons Laffitte.

Etrange et onirique, musical et surprenant, Troubles se présente comme un cabaret fait de rencontres et de départs, de fragments d’humanités qui se croisent et se décroisent, s’imbriquent, se défont, en mélangeant trois pièces de Joël Pommerat : La réunification des deux Corées, Je tremble et Cercles / Fictions. Une immersion dans l’univers de Pommerat qui emmène le spectateur dans un spectacle la fois fascinant et languissant, foisonnant et touffu autour de l’amour et des relations amoureuses, autour des hommes et des femmes, des familles, des amis, des désillusions, des peurs.

La Compagnie Rang L Fauteuil 14 avait fait sensation avec sa Mastication des morts lors du même Festival de Maisons Laffitte il y a deux ans. Une rencontre, un éblouissement, un prix d’interprétation collective largement mérité, une scénographie envoutante. Ici, on retrouve l’esthétique calculée, léchée, où rien n’est laissé au hasard : nous sommes dans un Cabaret où le clair épouse l’obsur, l’ombre caresse la lumière. Nous sommes dans un espace temps indéfini où les disparus reviennent hanter les vivants, les amours perdues revivent le temps d’un éclair. C’est à la fois beau et triste, tendre et mélancolique. SI l’enchevêtrement de scènes peut laisser le spectateur sur le bord de la route, parfois, on se laisse aussi bercer par ces histoires de couples qui se laissent et se délaissent, se trouvent, se retrouvent et se perdent pour mieux s’oublier, se souvenir. On se laisse envouter par les mélodies de David Bowie, Noir Désir, Bill Baxter, chantées par les comédiens eux-mêmes, tout au long du spectacle et même avant, pendant que le spectateur s’installe, accompagnés par un musicien en live, clown triste et joyeux qui devient le Monsieur Loyal de ce Cabaret joyeusement triste et tristement joyeux. On se laisse bercer, entrainer, par le jeu de comédiens (inégaux), on aurait aimé se laisser surprendre par l’incrustation de vidéo, effet malheureusement raté du fait soucis techniques, mais dont, au final, on ne passe très bien.

Lost in Pommerat, donc, parce qu’il y en a peut être un peu trop, parce que c’est peut être un peu trop confus, parce que Pommerat, ça s’apprivoise, ça se déguste, et que ces touches de-ci de là, servies en vrac peuvent rebuter ceux qui ne connaîtraient pas l’univers du dramaturge. Mais Lost in Pommerat aussi parce que cet univers, on peut s’y perdre, s’y abandonner,  s’y lover.

Pendant le café critique proposé aux Collégiens après le spectacle, le metteur en scène disait : Je veux susciter la perplexité.

Effet réussi. On en ressort perplexe. Ou troublé.

Troubles, d’après les pièces de Joël Pommerat

Festival de Maisons Laffitte

Compagnie Rang L Fauteuil 14

Mise en scène : Laurent Bellambe
Mise en mouvement : Lilou Magali Robert
Musique : François Charron
Vidéos : Jeremy Montague
Régie : Geoffrey Kuzman
Et les 30 comédiens de la compagnie : Evelyne Baget, Nadine Boissier, Christian Bordeau, Marie-Laure Cazeau, François Charron, Simone Combier, Brigitte Dokhan, Frédéric Duten, Dominique Edelin, Gilbert Edelin, Cécile Garrigoux, Gabriel Garrigoux, Jean-Louis Grimaldi, Thérèse Guibert, Emmanuelle Latrille, Jean-Michel Laroudie, Jean-Marc Lefebvre, Mika Lesage, Béatrice Mamdy, Stéphanie Poisson, Laurence Pouteau, Annie Reed, Marc Ricard, Sébastien Roussel, Bruno Tafforeau, Virginie Tantillo, Marie-Pierre Terris, Linda Till et Wadiha..

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