CELIBATAIRES, David Foenkinos, Festival de théâtre de Maisons Laffitte

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Deux célibataires travaillent dans une agence matrimoniale.

Deux solitaires qui oeuvrent à réunir d’autres âmes en peine.

Deux bras cassés de l’amour qui marchent sur des béquilles.

Deux paumés qui aident les autres à trouver leur chemin.

Mais qui n’ont pas de GPS pour eux-mêmes. Du coup ils errent.

Voilà en gros l’histoire de Célibataires. Résumée à la mode Foenkinos, ou en moins bien, n’ayant pas comme lui le sens de la formule. C’est du Foenkinos, quoi. Une couche de vernis, une couche de glaçage, mais dedans rien de tangible ni de vrai, ni de profond ni de touchant. Après quelques romans inégaux, enfin, après un potentiellement prometteur Potentiel érotique de ma femme, un mémorable Qui se souvient de David Foenkinos, un décevant Charlotte, entre-coupés de variations sur les mêmes éternelles et parfois délicates notes de bas de pages, Foenkinos a écrit cette première pièce. Une idée qui aurait pu être bonne si elle n’avait pas été délayée dans les formules creuses, assise sur du vide, bâtie avec des phrases aussi courtes que quelconques. Et puis cette fameuse scène 6, volontairement jouée dans le noir. La scène où le couple finalement… bref… une scène entière dans le noir. Au théâtre ça semble insensé. Ici les deux comédiens jouent donc en coulisse, on les entend (moins bien, donc) dire leurs répliques. Avec intelligence, ils reviennent de temps en temps sur scène, à la lumière, pour mieux repartir dans les coulisses. Ca m’a fait plaisir de les voir un peu ne pas respecter cette consigne de l’auteur. (notons, et je reprends le texte (car oui, j’avais acheté le texte à sa sortie) (curieuse, hein) la didascalie finale de la scène «La scène s’achève dans le long gloussement de l’amour !» On apprécie le point d’exclamation. Qui a été joué.

Bref. Je ne lancerai pas la pierre sur les comédiens, qui au demeurant s’en sortent pas trop mal. Corinne Yvars m’a même surprise dans le personnage de Sylvie. J’ai beaucoup aimé son incarnation d’une femme presque terne qui réussit à transcender sa banalité et devenir un sacré bout de femme sensuelle et explosive. Elle n’en fait ni trop ni trop peu et sert très bien son personnage. Jean-Pierre Baliros, quant à lui, surjoue un peu parfois, en donnant un coté Dubosc à son personnage, mais le tout passe très bien et le couple avec Sylvie/Corinne fonctionne plutôt bien, en nous faisant rire, quand même, quelques fois.

Bref. Comment terminer cette chronique ? Je ne sais pas donc je reprends le texte et cherche, au hasard :

Scène 2 : « On a beau dire, le cassoulet, c’est pas facile à digérer ».

Tout est dit, bon appétit.*

*et comme Foenki, je ferai une note de bas de page : je n’aime pas, vraiment, critiquer le travail des amateurs. Encore plus si ce sont des amateurs. Vraiment. Parce que je respecte leur investissement qui est le fruit d’un amour profond, sincère, pour le théâtre. Parce que le théâtre amateur est d’une richesse incoyable. D’une candeur, parfois, source des magnifiques trouvailles, d’une volonté de fer dénuée de tout appétit commercial. Je respecte donc haut et fort le travail, ici, de la compagnie TRAC théâtre. Mais mince quoi, pourquoi ce texte ?

Célibataires, de David Foenkinos

Mise en scène de Guy Attia

Compagnie TRAC théâtre

Avec Corinne Yvars et Jean-Pierre Baliros

Festival de Maisons Laffitte

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