LA COULEE DOUCE, Lilian Lloyd, Festival de Maisons Laffitte

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Les jours se suivent et ne se ressemblent donc pas au Festival de Maisons Laffitte. Aujourd’hui c’est un Lloyd excellent que nous avons découvert avec La coulée douce.

Nous y faisons la connaissance de Nathaniel, le jour de ses obsèques. Ses amis, qu’il avait perdus de vue, viennent lui rendre un dernier hommage teinté d’amertume. Les vieux amis de fac, la bande de potes qui avait tout vécu ensemble, avaient vu Nathaniel couper les ponts, brusquement.

Difficile de donner tous les détails de La coulée douce sans en déflorer les surprises. Difficile car l’histoire chevauche par des allers retours et  des apartés le passé et le présent, le réel et l’imaginaire.

De l’amitié qui subsiste et qui résiste malgré l’absence et le manque, des non-dits, des couples qui se délitent, des mots qui ont blessés, de la mort et du vide qu’elle crée, du néant qu’il faut néanmoins combler après,  la coulée douce nous entraine sur un air doux amer sur les pas de Nathaniel, Valentin, Mathilde, Myriam, Pierre et Candyce.  Un voyage teinté de mélancolie et de douceur servi par une plume délicate non dénuée d’humour. A  la fois doux et émouvant, drôle et touchant.

Pour servir ce texte, les comédiens expriment tous une sensibilité, une justesse, une émotion particulière : en tout premier lieu bien sûr Antoine Ceillier, qui incarne Nathaniel. On sent dans son regard la tendresse, les regrets, la douceur bienveillante de celui qui est parti. Yves Chambert-Loir (qui avait été un inénarrable Argan dans Le malade imaginaire) est un Valentin débordant d’émotion, Laure Boinet une Mathilde cynique qui tente difficilement de masquer sa solitude. Valérie Tribout est une Myriam à la fois exaspérante et touchante, réussissant l’exercice difficile de l’hystérie avec succès. Ses sorties ont plus d’une fois provoqué une belle hilarité dans le public, sans jamais être ridicule. Jean-François Leconte (Pierre)  est tout aussi fort en parfait saligaud dont on devinera finalement les failles, sans oublier  Nathalie Forquignon qui réussit à donner beaucoup de douceur au personnage de Candyce et nous a tiré, avouons-le, quelques larmes.

Yves Chambert-Loir signe également la mise en scène : avec simplicité, il réussit à illustrer ces allers-retours entre réel et imaginaire, et laisser place au texte sans effet superflu. Une retenue idéale et bienvenue.

Une bien jolie pièce, donc, dont l’écriture ciselée, touchante, drôle, touche au cœur.

Décidément les jours se suivent et ne se ressemblent pas à Maisons Laffitte, et c’est très bien comme ça.

La coulée douce, de Lilian Lloyd

Compagnie Point du jour

Mise en scène Yves Chambert-Loir

Avec Laure Boinet, Yves Chambert-Loir, Antoine Ceillier, Nathalie Forquignon, Valérie Tribout, Jean-François Leconte.

Festival de Maisons-Laffitte

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