AVIGNON 2017 : la (gourmande) liste de mes envies

Avignon n’a même pas encore commencé que les têtes tournent, tout comme les pages du catalogue que l’on parcourt avec avidité. Comme chaque année, on essaie de lister tous les spectacles que l’on voudrait voir. Une liste qui très vite se révèle inépuisable, sans fin, sans cesse renouvelée, ajourée, qui jamais ne décroit. Une liste qui au final ne sera pas respectée, une liste dont les noms auront été parfois balayés par la rumeur et remplacés par les échos qui, sur place, frémissent dans les rues et les files d’attente. Une liste qui recèle de pépite et en oublie d’autres sans aucun doute, mais qui, comme quand nous étions enfants à Noël, ressemble à s’y méprendre à un catalogue des rêves sur lequel nous griffonnons, des étoiles plein les yeux, des titres, des lieux, des envies.

Après la liste des spectacles que j’ai vus et recommande, voici celle de mes envies, aussi peu exhaustive que réellement sincère. Elle sera peut-être obsolète demain, toujours évolutive, jamais figée. Elle sera forcément réduite, forcément revue, mais là, à l’instant T, la voici telle quelle.

OFF

3 Soleils

Le quatrième mur, de Sorj Chalandon : j’ai découvert Julien Bleitrach l’an dernier avec Un obus dans le coeur. Très envie de le découvrir sous les mots de Sorj Chalandon.

11 Gilmalesh

Ô-Dieux, de Stefano Massini : Le conflit israélo-palestinien vu par trois femmes : une israélienne , une palestinienne, une américaine. Une seule comédienne.

Et dans le trou de mon coeur, le monde entier : un titre aussi beau, j’y vais les yeux fermés-fervents.

Artéphile

L’autre fille, de Annie Ernaux : les textes d’Annie Ernaux sont souvent des bijoux, parce que cette histoire de soeur cachée me tente et me fait peur, aussi, parce que c’est comme ça.

Théâtre des Barriques

Dieu est mort et moi non plus je ne me sens pas très bien : tant de critiques toutes enthousiastes, de quoi donner envie.

Théâtre des Béliers

Venise n’est pas en Italie : parce que je ne l’ai toujours pas vu et qu’une séance de rattrapage me semble indispensable.

La caserne des pompiers

Le garçon incassable : les destins croisés de Buster Keaton et de son frère handicapé.

Théâtre du Chêne Noir

Ada / Ava : par la Comagnie Manual Cinéma : la compagnie arrive en France avec une performance cinématographique et théâtrale dans un univers qui rappelle « Hitchcock et Tim Burton ». On pourrait bien avoir là une jolie pépite.

Mon ange, d’après la pièce Angel de Henry Nailor : le parcours d’une jeune kurde devenue sniper et symbole de la résistance lors du siège de la ville syrienne de Kobané en 2014/2015.

Théâtre du Chien qui fume

Les monologues du vagin. Parce que les monologues du vagin.

Condition des soies 

L’ombre de la baleine : seul en scène adapté du roman d’Herman Melville, où l’on parle des vertus de la littérature. Tellement vrai.

Espace Alya

Citrons citrons citrons citrons citrons : et si on parlait trop ? Et moins, mais mieux ? Ne serait-ce pas assez ?

Théâtre Golovine

Ballet bar : de la danse hip hop mais pas que, un phonographe, des vinyles, 5 danseurs, New York. Why not ?

Théâtre des Halles – un autre de mes lieux incontournables à Avignon

F(l)ammes, de Ahmed Madani. Evidemment.

A 90 degrés, de Frédérique Keddari-Devisme : une vie qui bascule. Une femme qui passe, subitement, de l’autre côté. Dépression, dévastation.

Jesus de Marseille, de Serge Valetti : et pourquoi pas ? Et je suis sûre que ce n’est pas QUE drôle.

Dans un canard, de Jean Daniel Magnin : Parce que ça a l’air foutraque, féroce, délicieux.

Théâtre La Luna 

Les passagers de l’Aube. Parce que c’est une pièce de Violaine Arsac. Et que j’ai tant entendu parler de Tant qu’il y aura des mains des hommes.

En attendant Bojangles : parce que je le sens bien.

La Manufacture – théâtre dont la programmation ne déçoit jamais

Le fils, de Marine Bachelot Nguyen, que je n’ai pas pu voir à la Maison des Metallos cet hiver. Une femme souhaite s’intégrer dans la communauté d’une petite ville. Elle rencontre des catholiques traditionnalistes et se laisse peu à peu entrainer dans un radicalisme de plus en plus violent. Parce que toutes les religions peuvent entraîner des dérives, parce que le radicalisme ne vient pas que d’un culte, il est nécessaire d’ouvrir les yeux de d’être vigilants.

Moi, la mort, je l’aime comme vous aimez la vie, de Mohamed Kacimi. Des échanges, récupérés par le journal Libération, entre Mohamed Merah et les forces du Raid, Mohamed Kacimi a tenté de comprendre comment un jeune homme, qui aimait le foot et les pizzas, peut basculer et devenir le monstre qui a tué plusieurs enfants à Toulouse en 2012. (en fait il ne jouera plus quand je serai arrivée.. on espère une tournée rapide).

Est ce que vous pourriez laisser la porte ouverte en sortant ? Un couple qui s’aime malgré l’absence, malgré Alzheimer. Très envie.

Sous le pont, de Abdulrahman Khallouf : l’histoire de Jamal, réfugiés syrien qui vit sous un pont, raconte : l’exil, la douleur, la peur, la mort, l’espoir. Parce qu’à travers le théâtre c’est a ussi, ou plutôt avant tout, un œil sur le monde qu’il faut garder ouvert.

Théâtre de l’Oulle

Néant, du danseur chorégraphe québécois Dave Saint Pierre. Parce que l’extrait vidéo me plait beaucoup, beaucoup.

Garden Party : sociologie du superflu : un peu de légèreté teintée de cynisme sera peut-être bienvenue dans mon programme ?

Pandora

Stanley, de Cédric Chapuis : parce qu’après Une vie sur mesure, vue 3 fois, et Au dessus de la mêlée, Cédric Chapuis incarne cette fois ci un homme atteint du trouble de personnalité multiple. Avec le talent qu’on lui connaît, on a hâte de découvrir sa nouvelle création.

Dans la peau de Cyrano de Nicolas Devort : une pièce qui parle de Cyrano et du poids que peut avoir cette pièce dans une vie. J’achète sur plans.

Le Paris

Blønd, blønd and blønd : 3 chanteurs suédois rendent hommage à la chanson française. Créativité, hilarité, facétie. Un spectacle dont j’ai beaucoup entendu parler. Tentée.

Théâtre du Petit Louvre

Juste la fin du monde, de Lagarce. Plutôt tentée, voire très tentée. En plus, Vanessa Cailhol fait partie de la distribution.

Théâtre du Roi René

Après une si longue nuit, de Michèle Laurence, mise en scène de Laurent Natrella : 4 enfants adoptifs, de culture et origines différentes, se retrouvent au chevet de leur mère mourante. Envie d’essayer.

Noce,  de Jean-Luc Lagarce : parce que j »ai fait l’impasse cet hiver à Paris et que je le regrette amèrement.

Espace Roseau Teinturiers

Le projet Poutine, de Hugues Leforestier : Ultra attirée par le pitch… et les critiques.

Collège de la Salle

Anaïs, a dance opera : pour l’affiche, la bande annonce, la danse.

IN

Dans le IN, je reste si peu de temps malheureusement que beaucoup vont m’échapper. Je happe au passage quelques bijoux, j’espère :

Cour du Lycée St Joseph

Ibsen Huis, de Simon Stone : pour découvrir enfin une création de Simon Stone. Si elle flirte avec Ibsen, c’est encore plus affriolant.

Védène

De Meiden, de Katie Mitchell : Pour être surprise par la réécriture de la metteur en scène britannique, pour recouvrir la pièce de Jean Genet.

La Fabrica

The Great Tamer, de Dimitri Papaionannou : pour  perdre mon équilibre et mes repères, pour me laisser aller.

Cloître des Célestins 

Kalatuka Républic, de Serge Aimé Coulibaly : par curiosité, par plaisir et envie.

Pour le reste, et en attendant le 20 juillet, je vais me repaître des avis, des conseils, des retours des festivaliers, je vais trépigner en attendant mon tour.

Bon festival, bel été, belles découvertes, et beaux partages. Tchin.

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