ET DANS LE TROU DE MON CŒUR LE MONDE ENTIER, Stanislas Cotton, Festival d’Avignon OFF 2017

moncoeur

Génération désenchantée

Sur la scène du 11 Gilmamesh, lorsque que l’on entre dans la salle, les jeunes gens sont déjà là. Ils vous regardent, semblent errer sur un parterre de feuilles mortes, s’étirent, paressent. Ils sont désœuvrés, attendent un train, peut-être, à moins qu’ils n’attendent rien, si ce n’est que le temps passe. On ne sait pas. Dorothy, Minou, Bouli, Marcel, Douglas, Dulcinée. Dans une société sans appel où règne la guerre, la guerre qui a tout happé, y compris l’espoir et l’optimisme, il ne leur reste que les rêves, il ne leur reste que l’amitié comme réconfort, l’entraide comme bouclier. Arrivera Lila, de retour de la guerre, Lila la soldate, la machine, Lila qui commettra l’irréparable.

En fait je crois qu’il ne faut pas lire, parfois, les descriptifs ou les pitchs des pièces de théâtre. IL faut accepter de se laisser aller, de se laisser surprendre, il faut accepter qu’un titre vous titille, vous attire, vous trouble.

Et dans le trou de mon cœur, le monde entier. Un titre à la Verlaine, un titre qui de toute façon, ne peut décevoir. Au contraire il vous transporte grâce à Euphoric Mouvance, l’équipe de Bruno Bonjean, et le texte qu’il a spécialement demandé à Stanislas Cotton. Au contraire il vous épate grâce à l’interprétation toute en fougue, en vitalité, en ferveur des jeunes comédiens, tous brillants (avec une mention particulière à Laura Segré, désarmante Minou Smach). Au contraire il vous ravit grâce à la mise en scène rythmée, qui insère judicieusement quelques chorégraphies à chaque changement de période et qui donne une sacrée pêche au tout, grâce à la scénographie épurée et si joliment éclairée de Sylvain Desplagnes.

Le tout nous entraine dans la ronde d’une jeunesse désenchantée qui rêve de s’en sortir, sur les pas d’une jeunesse fracassée par la guerre, d’une société implacable où les espoirs s’amenuisent mais où la force du groupe fait résister, fait tenir, fait avancer.

Un texte fort et poétique, une énergie folle, des images et des sons qui restent longtemps dans l’esprit. On y retournera, et plutôt deux fois qu’une.

Et dans le trou de mon cœur le monde entier

De Stanislas Cotton,

Mise en scène de Bruno Bonjean,

Avec Gautier Boxebeld, Emma Gamet, Grégoire Gougeon, Lisa Hours, Nicolas Luboz, Laura Segré, Béatrice Venet

Création musicale Gabriel de Richaud

Scénographie et lumières Sylvain Desplagnes

Costumes Céline Deloche

Festival d’Avignon OFF 2017,

Le 11 Gilmamesh, tous les jours à 10h25

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