EDDY MERCKX A MARCHE SUR LA LUNE, de Jean-Marie Piemme, MES Armel Roussel

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Décrocher la lune et transmettre ses rêves

Tout a commencé en juillet 1969. A quelques milliers de kilomètres de la Terre Neil Armstrong fait un grand pas pour l’humanité. Le même jour Eddy Merckx remporte le Tour de France. Max est alors un enfant.

Tout a commencé quelques années plus tôt, quand Pierre et Angèle, les parents de Max, se sont rencontrés.

Tout a commencé quand Max, devenu adulte, a quitté sa compagne américaine, Julia.

Tout a commencé sur la scène du Théâtre de Paris Villette.

C’est une histoire qui commence un jour, se poursuit, s’interrompt, bifurque sur le début d’une autre histoire. Qui elle-même commence alors et revient en arrière. Et recommence. Par saut de puce, bonds en avant ou de côté, Jean-Marie Piemme déroule les bribes d’une histoire plus large : il y a Pierre et Angèle, il y a leur fils Max, et puis leurs amours, leurs peurs, leurs regrets, leurs héritages, ceux d’une génération perdue qui voulait tout changer, des vies qui se déroulent et embarquent le spectateur, au début surpris, presque décontenancé, puis peu à peu happé dans cette spirale qu’il ne veut, à la fin, pas quitter du tout. C’est en fait assez difficile de résumer ce spectacle dont la temporalité semble aussi incertaine qu’elle est au final très calculée.

Travail de groupe

Mais on n’y est jamais perdu grâce à l’énergie, la fougue, la vitalité de cette équipe de comédiens qui pendant 1h45 s’approprient les personnages, passent de l’un à l’autre en levant la main, en attrapant une paire de lunettes, une perruque, un regard, un geste. Un travail choral qui n’est pas sans rappeler Parlons d’autre chose ou encore F(l)ammes où le groupe prend le pas sur l’individu, où l’équipe, l’ensemble, devient la source d’énergie dans laquelle chacun puise son inspiration pour exister.  Illustration ultra pertinente et inspirante des intentions de l’auteur où le groupe se nourrit du groupe, l’histoire des histoires et les générations des générations antérieures, fussent-elles parfois bancales ou compliquées. Armel Roussel, metteur en scène, l’a bien compris et donne la part belle à ce collectif touché et touchant, passionné et passionnant. Il y de la musique, il y a U2, il y a Barbara, il y a Godard, il y a Mao Mao, il y a des pavés et sous les pavés peut-être une plage, il y a le Bataclan, il y des larmes il y a du sang et de l’amour, il y a New York, il y a Marie, Eddy, Julia, Max, Angèle, Pierre et les autres.

La vie, la vie, et encore la vie

Qu’Eddy Merckx ait atteint la lune ou que Neil Armstrong ait fait du vélo, que les rêves se soient brisés ou continuent d’exister, que certains héritages soient si lourds à porter qu’on s’en débarrasse sur nos enfants, ou qu’on ploie sous eux, au contraire, c’est la vie qui décrit Jean-Marie Piemme, une vie faite de désordres, de joies, de malheurs, peurs, allégresse, doutes, d’espoir. Après La vie trépidante de Laure Wilson, un auteur à suivre, assurément.

Eddy Merckx a marché sur la lune, de Jean-Marie Piemme

Mise en scène de Armel Roussel

Avec Tom Adjibi, Romain Cinter, Sarah Espour, Sarah Grin, Julien Jaillot, Antonin Jenny, Pierre-Alexandre Lampert, Vincent Minne, Nathalie Rozanes, Sophie Sénécaut, Aymeric Trionfo

Théâtre de Paris- Villette jusqu’au 2 décembre

Réservations au 01 40 03 72 23

LA 7eme, e FONCTION DU LANGAGE, MES Sylvain Maurice, d’après le roman de Laurent BINET, CDN de Sartrouville

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Un polar insolent et déjanté

Autant dire tout de suite que le roman de Laurent Binet est un bonheur de loufoquerie érudite, une farce jouissive autant qu’un rocambolesque thriller. Tout commence le jour où Roland Barthes est écrasé par une camionnette au sortir d’un déjeuner avec François Mitterand, qui sera bientôt candidat aux présidentielles de 1981. Cette mort est suspecte et le commissaire Bayard est chargé d’enquêter. Le brave homme n’y entend malheureusement rien en sciences du langage et se fait donc aider par Simon, un jeune sémiologue déniché à l’université de Vincennes. Ils découvriront vite que Barthes était dépositaire d’une septième et inédite fonction du langage, découverte par Jacobson. Une fonction performative qui donnerait à son possesseur le pouvoir suprême des mots. L’enquête les mènera au travers moult péripéties sur les traces de tueurs prêts à tout pour s’approprier cette fonction et l’on y croisera une flopée d’intellectuels de l’époque, de Umberto Eco à Philippe Sollers, en passant par Julia Kristeva, BHL, Jacques Derrida, ou Michel Foucault, entre autres. C’est parfois très méchant, toujours drôlissime, certains sont ridiculisés, beaucoup sont caricaturés, mais le tout entraine le lecteur dans une sorte d’hystérie jubilatoire dans les bas-fonds des Logos Club où la joute oratoire et ses défis sont devenus les loisirs les plus hype, les plus secrets, les plus recherchés, et tant pis si le prix à payer pour ceux qui perdent est parfois très élevé. Vraiment très élevé.

Adaptation nerveuse et musicale

Sylvain Maurice a remporté les droits du roman : on retrouve la patte mauricienne que l’on avait déjà apprécié dans son Peer Gynt version jeunesse ou dans Réparer les vivants : seulement trois comédiens se partagent les nombreux personnages du roman et deux musiciens les accompagnent. Les trois comédiens s’en donnent à cœur joie et passent d’un personnage à l’autre avec une énergie sans pareille, à commencer par l’épatant Manuel Vallade (Simon), la délicieuse Constance Larrieu, qui se métamorphose en un regard ou Pascal Martin-Granel, impayable flic bourru dépassé par les événements qui ne comprend rien mais alors strictement rien à ces histoires de sémiologie. Les deux musiciens installés à cour et jardin soulignent et rythment le récit en y ajoutant encore plus de nervosité et de pêche. Tous évoluent sans décor si ce n’est de très astucieux panneaux lumineux coulissants où sont projetés des vidéos et images : pertinent, très visuel, percutant.

Gourmandise intellectuelle et insolente

Le tout forme un récit haletant, une épopée sacrément rythmée qui embarque le spectateur dans une enquête très, très rock ‘n roll où les mots sont rois. Si Sylvain Maurice a dû couper, sacrifier des personnages (on n’y verra pas BHL venu incognito grâce à sa chemise noire, ni les tueurs japonais par exemple), si la sémiologie n’y est pas aussi détaillée que dans le roman, il a gardé la cadence endiablée et la nervosité de ce polar hors normes et on passe là une fichue bonne soirée avec ces personnages hauts en couleurs, cette histoire déjantée, souvent irrévérencieuse mais toujours hilarante. Forcément, on adore.

 

La 7ème fonction du langage, d’après le roman de Laurent Binet

Adaptation et mise en scène de Sylvain Maurice

Avec Constance Larrieu, Pascal Martin-Granel, Manuel Vallade, accompagnés de Sébastien Lété et Manuel Peskine et la participation de Jack Lang.

Musique Manuel Peskine

Scénographie et lumières Eric Soyer

Video : Renaud Rubiano

CDN de Sartrouville, jusqu’au 25 novembre 2017

Réservations au : 01 30 86 77 79

 

 

 

 

 

LES BARBELÉS, Annick Lefèbvre, MES Alexia Bürger, Théâtre de la Colline

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C’est difficile de trouver les mots pour parler de ces Barbelés, découverts hier à La colline. Difficile parce qu’on pense qu’on ne sera jamais assez convaincant, assez clair, que nos mots ne sauront pas transmettre la nécessité de ce spectacle, se seront pas à la hauteur de ce que nous avons vu. Il serait bien plus facile et confortable de se dire qu’on va garder tout ça pour soi, qu’on en parlera trop mal et que, après tout, le tweet d’hier suffisait. Pourtant, il est hors de question de se taire, hors de question de ne pas essayer de parler de ces Barbelés.

Ces barbelés, Annick Lefèbvre les imagine présents dès notre naissance : minuscules et imperceptibles au début, ils se terrent au creux de notre abdomen. Chaque parole censurée les nourrit, chaque mot ravalé les engraisse. Ils grandissent quand on préfère ne pas condamner, ils grossissent quand on s’indigne haut et fort pour une cause mais qu’on se tait pour une autre. Nos lâchetés sont leur engrais, nos faiblesses leur force. Et, quand ils auront suffisamment grandi, quand ils seront repus, ils atteindront nos cordes vocales, envahiront nous bouches et nous musèleront pour toujours.

Pour que cette fable nous dévore autant que ces barbelés, Annick Lefèbvre en a confié la narration à Marie-Eve Milot : au départ asexué, le personnage raconte comment, après une dernière rancœur non proférée, une dernière phrase ravalée, il/elle sent que les barbelés vont la faire taire à tout jamais. Elle se lance alors dans un ultime monologue, fait de bribes de souvenirs, de regrets, de non-dits. A travers la jeune femme, ce sont les renoncements, les petites compromissions, les silences d’une société devenue trop frileuse à condamner, à protéger, à défendre, qui se dessinent. Les mots aiguisés, les phrases acérées, mélangent l’âpreté et la poésie du québécois, atteignent les spectateurs en plein cœur autant que le regard de Marie-Eve Milot les perfore. C’est une sensation  troublante que de se sentir transpercé par cette comédienne dont le corps tout entier semble abandonné au texte, enveloppe vide entièrement offerte à son personnage : Marie-Eve Milot n’est pas, elle vit et respire chacun des mots qu’elle prononce tout en devenant par là-même la parole libérée de milliers d’individus. Envoûtant.

Envoûtant comme cette urgence  suggérée par la mise en scène d’Alexia Bürger : dans cette minuscule cuisine où grimpe petit à petit la menace d’une implosion, la tension s’installe progressivement jusqu’à devenir oppression, jusqu’à faire sentir aux spectateurs le lierre grimpant de ces barbelés qui rampent jusqu’à eux, jusqu’au final, tétanisant, abasourdissant. Mais ces barbelés, n’étaient-ils pas déjà en eux, depuis longtemps rampants ?

C’est difficile de trouver les mots, donc. Difficile mais nécessaire.

 

Les barbelés, de Annick Lefèbvre

Mise en scène de Alexia Bürger,

Avec Marie-Eve Milot

Dramaturgie, Sara Dion
Assistanat à la mise en scène, Stéphanie Capistran-Lalonde
Scénographie et costumes Geneviève Lizotte assistée de Carol-Ann Bourgon Sicard
Théâtre National de la Colline, jusqu’au 2 décembre
Réservations au 01 44 62 52 52 

SULKI et SULKU ONT DES CONVERSATIONS INTELLIGENTES – JM Ribes – Théâtre du Rond Point

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La conversation selon Sulki et Sulku

Ils étaient déjà présents dans Musée haut Musée bas, de Jean-Michel Ribes et les revoilà une dizaine d’années plus tard en guest stars d’un duo comico-philosophique : l’un est grand, l’autre petit, ils n’ont pas une ride et sont plutôt fringants dans leurs costumes aux allures pop-psychédéliques très seventies. Les deux bonhommes vont pendant une heure vingt deviser, échanger, philosopher, parfois autour de tout et souvent autour de rien, partageant des considérations aussi vides qu’infatuées, curieuses que nigaudes, sérieuses que ridicules.

Deux comédiens au dessus du texte

On rit, parfois, au détour d’une phrase, on sourit aussi devant la pédanterie naïve de ces deux innocents  qui s’interrogent sur le monde, l’art, la vie et beaucoup d’autres choses, en passant du pape qui fait ses courses, au football, la religion et les attentats. Ils ont, quelque part, un savoureux petit côté Bouvard et Pécuchet et il faut dire que les deux comédiens jouent la partition absurdo-burlesque avec brio : Romain Cottard (Sulki) excelle en grand dadais débitant son lot d’assertions avec un sérieux très papal tout en jouant à bon escient de sa grande carcasse. Damien Zanoly, autrement dit Sulku, s’amuse aussi en petit trublion candide et naïf aux yeux écarquillés. Parfaitement complémentaires, ils se régalent et régalent les spectateurs, aidés par la mise en scène qui alterne judicieusement déplacements et poses très muséales. Le tout est franchement agréable à regarder, des costumes pop au décor dépouillé.

Un texte inabouti

Mais que manque-t-il alors à ces conversations pour emporter l’adhésion ? Un texte qui, s’il est, oui, drôle par moments, finit par lasser ? Un manque de profondeur dans ces réflexions qui amusent certes mais s’oublient tout aussi vite ? Si une ou deux provocations laissent perplexes (non, je ne crois pas que, même au deuxième degré on puisse dire que le 11 septembre, ça, c’était de l’art, tout comme le regard d’un journaliste au moment où il est égorgé) (en tout cas ça ne m’a pas fait rire, surtout en ce 12 novembre), elles ne parviennent pas à donner au texte l’aspérité qui le rendrait suffisamment corrosif pour ne pas être ennuyeux, si tant est que c’était le but. Si on sourit la première demi-heure on s’ennuie rapidement par la suite. Sulki et Sulku ont-ils des conversations intelligentes ? Pas assez pour qu’on en sorte ragaillardis et le sourire aux lèvres.

Sulki et Sulku ont des conversations intelligentes,

texte et mise en scène : Jean-Michel Ribes

avec : Romain Cottard, Damien Zanoly

assistanat à la mise en scène : Virginie Ferrere, décors : Patrick Dutertre, costumes : Juliette Chanaud, lumières : Hervé Coudert

MON ANGE, de Henry Naylor, MES Jérémie Lippman, Théâtre Tristan Bernard

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Indispensable et poignant Mon Ange

Quand le rideau se lève sur la scène du Tristan Bernard, la scène est encore plongée dans l’obscurité. Dans le noir profond une voix s’élève, celle de Rehana, une jeune fille kurde qui vit dans la ferme familiale située à quelques kilomètres de Kobané et se rêve avocate en écoutant Beyoncé. La guerre, Daesh, sont encore pour elle de lointains échos indistincts et même si son père lui apprend à tirer, encore et encore, Rehana rêve malgré tout  d’un Kobané sans guerre. Il en ira autrement pour la jeune femme : un petit matin sa mère la réveille pour fuir en Europe, fuir la guerre, fuir Daesh. C’est le début d’un long périple pour Rehana qui sera arrêtée, vendue, exploitée, mais refusera finalement de fuir et deviendra combattante des forces kurdes dans leur combat contre l’État Islamique. Pour sauver son père, Rehana deviendra tueuse, Rehana sera sniper.

C’est difficile de décrire cette pièce tant on en ressort le cœur tremblant et le souffle court. Difficile et pourtant essentiel, tant la force du récit, l’interprétation sidérante de justesse de Lina El Arabi et la mise en scène de Jérémie Lippman laissent une trace  béante dans la mémoire des spectateurs, tous terrassés par le spectacle, inspiré de l’histoire vraie d’une jeune kurde. L’atmosphère est sombre, le décor composé d’un grand halo de plumes qui tombent des cintres : feuilles d’arbres autant que plumes des vautours qui viennent dévorer les morts, fantômes de ces mêmes morts, armes braquées contre la jeune femme, l’écrin flou est toujours subtilement (et magistralement) éclairé par les lumières à la fois menaçantes et envoutantes de Joël Hourbeigt. Juste, calculée et millimétrée, la mise en scène de Jérémie Lippman réussit à être fascinante sans jamais prendre le dessus sur l’histoire de Rehana, laissant toujours la comédienne et le texte au cœur du spectacle malgré la bande son,  le claquement des fusils et le bruit des explosions. Forcément violent, forcément effroyable, totalement hypnotisant.

Lina El Arabi, ou l’envoûtante révélation.

Une scénographie qui enveloppe le public, donc, autant que Lina El Arabi, exceptionnelle interprète qui vit les personnages qu’elle incarne au point d’en être toujours tendue comme un arc, mains crispées, port altier et regard brûlant.  Dans sa longue robe  noire, la jeune femme devient spectrale : l’angélique petite fille est devenu ange de la mort et ange-mémoire de milliers de victimes foudroyées par la guerre.

Un ange.

Indispensable.

 

Mon ange, texte de Henry Nailor

Mise en scène de Jeremie Lippman

Avec Lina El Arabi

Théâtre Tristan Bernard, jusqu’au 30 décembre 2017

Réservations au  01.45.22.08.40

La Comédie Française s’invite au cinéma – Gagnez des places pour Les fourberies de Scapin !

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On parle beaucoup, depuis la semaine dernière de la diffusion en direct des Fourberies de Scapin présentés au Français cette année, dans les salles obscures. En effet depuis l’an dernier, la Comédie Française s’est associée avec les cinémas Gaumont-Pathé pour promouvoir et diffuser ses spectacles dans une sélection de salles de cinéma (Gaumont Pathé mais pas uniquement puisque près de 400 cinémas participent à l’opération), en France comme à l’étranger.

Après Roméo et Juliette, Le misanthrope et Cyrano de Bergerac la saison dernière, cette année seront rediffusés Les fourberies de Scapin, Le petit maître corrigé et Britannicus.

Certes, aller au cinéma voir une pièce de théâtre, par définition un spectacle vivant donc, peut paraître absurde.  J’en conviens, ou plutôt j’en convenais jusque l’an dernier quand, après avoir découvert le formidable Roméo et Juliette mis en scène par Eric Ruf salle Richelieu, je me suis fait une joie de revoir le spectacle dès sa diffusion en salle. Revoir ce que j’avais aimé donc, mais aussi le découvrir sous un autre angle, avec davantage de gros plans et quelques interviews en prime.

Cette année c’est la pièce Les fourberies de Scapin qui a ouvert le jeudi 26 octobre la saison 2017-2018, visible maintenant (à partir du 12 novembre*) dans plus de 400 cinémas. Pour ma part, après l’avoir découvert en salle Richelieu, je me ferai une joie de le revoir : pour Benjamin Lavernhe, bien sûr, et son jeu charismatique, mais aussi et tout simplement par pure gourmandise. J’y emmène une partie de ma bande qui n’a pu avoir de place, le spectacle étant complet jusque fin février.

Enfin, il faut aussi applaudir l’initiative qui permettra aux scolaires de pouvoir découvrir la pièce, mais également au public de province et d’ailleurs.

A cette occasion, je vous propose de jouer et gagner 2 x 2 places pour une des séances dans le cinéma de votre choix, valable à partir du 12 novembre.

Pour cela, il suffit de répondre dans les commentaires de ce billet à la question suivante : quel est le véritable patronyme de Molière ?

Vous avez jusqu’au  dimanche 5 novembre minuit pour tenter de gagner vos places. Je tirerai au sort les noms de deux vainqueurs parmi les bonnes réponses.

En attendant, n’oubliez pas : allez au théâtre, au cirque. Et au cinéma !

 

*Réservations sur www.comediefrancaiseaucinema.com

 

 

LE MALADE IMAGINAIRE – Molière, MES Sébastien Biessy

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Molière au service de Pour un sourire d’enfant (PSE – Cambodge)

Maintes fois montée, la dernière pièce de Molière continue de faire rire depuis des générations. Et c’est facile, de rire, tant la mécanique comique de la pièce est ici impeccable et provoque immanquablement l’hilarité dans le public avec cette satire mordante de la médecine… et des malades.

On pourrait croire, donc, que monter Le Malade est une sinécure et qu’il suffit de se reposer sur le texte. Or il n’en est rien et l’affaire peut être risquée. Sébastien Biessy l’a bien compris : ici le texte n’est qu’un prétexte et c’est la mise en scène et la direction d’acteur qui vont faire la différence et éviter l’écueil d’une adaptation trop littérale, sans jamais trahir la farce moliéresque.

Point de décor si ce n’est quelques poufs, de grands voilages blancs et un unique fauteuil rouge, immense, imposant. Trône autant que lit, c’est sur lui que siège notre grand malade et autour de lui que s’articulera toute la pièce. Jolie scénographie qui laisse la place aux comédiens, très en verve. C’est vrai qu’ils se démènent tous avec une énergie et une joie communicatives. On se régale avec Yves Chambert-Loir qui campe un Argan d’une drôlerie sans pareille, tout en donnant à son Malade un côté (presque) attendrissant. Il occupe la scène sans cesse, doté d’une présence et d’un charisme indéniables, mais n’oublie jamais ses partenaires en leur laissant toute leur place : Béatrice Biessy est une Toinette toute en malice et en rouerie, aussi gouailleuse que railleuse. Autour d’eux, tous ne déméritent pas, ce que soient Nathalie Forquignon et Grégoire Biessy en jeunes premiers amoureux, ou Laure Boinet en cupide… et torride Béline. Le reste de l’équipe est au diapason et toute cette joie est largement communicative, éminemment contagieuse.

Des comédiens qui s’amusent, donc, et se régalent dans une mise en scène aussi joyeuse que décalée, rythmée et carrément entrainante. Mais c’est aussi une des comédies ballets de Molière et Sébastien Biessy ne fait pas l’impasse : si les paroles sont celles de Molière, l’air est à présent celui du titre phare d’une comédie musicale : au départ surpris, le public applaudit rapidement en cadence en éclatant de rire. Ultra efficace.

Bref, un Molière comme on les aime : dépoussiéré sans être trahi, qui fait souffler un petit vent de folie et de fraicheur sur un texte qu’on connait tous et que l’on revoit avec beaucoup de plaisir, revigoré par tant d’énergie et de joie partagées.

Après une représentation réussie à Pnomh Penh au profit de PSE ainsi qu’à Hong Kong, toujours au profit de PSE dans le cadre du Hong Kong French Theater Festival aux côtés de Adieu Monsieur Haffman ou Le choix des âmes et les Fourberies de Scapin c’est à Rueil-Malmaison que Sébastien Biessy continue inlassablement d’œuvrer pour cette association qui lui est si chère. En 2018 il emmènera de nouveau à Hong Kong Le jeu de l’amour et du hasard, Politiquement correct, Dans la peau de Cyrano ou Oscar et la dame rose, toujours au profit de PSE, toujours bénévolement.

En attendant, c’est à Rueil-Malmaison et pour un bonne cause, alors ne boudons surtout pas notre plaisir.

Le malade imaginaire, Molière

Mise en scène Sébastien Biessy, Comédie de la Mansonnière

Avec : Béatrice Biessy, Nathalie Forquignon, Laure Boinet, Yves Chambert-Loir, Pierre-Yves Blanchard, Grégoire Biessy, Jean-François Lecomte, Martin Biessy, Flore Voisin, Antoine Ceillier, Apolline de Vaumas

Costumes : Valérie Bercovici
Décors : Bruno Decré
 
Théâtre André Malraux, Rueil Malmaison le 19 novembre à 14h30

Représentation au profit de Pour un Sourire d’Enfant (PSE)