SULKI et SULKU ONT DES CONVERSATIONS INTELLIGENTES – JM Ribes – Théâtre du Rond Point

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La conversation selon Sulki et Sulku

Ils étaient déjà présents dans Musée haut Musée bas, de Jean-Michel Ribes et les revoilà une dizaine d’années plus tard en guest stars d’un duo comico-philosophique : l’un est grand, l’autre petit, ils n’ont pas une ride et sont plutôt fringants dans leurs costumes aux allures pop-psychédéliques très seventies. Les deux bonhommes vont pendant une heure vingt deviser, échanger, philosopher, parfois autour de tout et souvent autour de rien, partageant des considérations aussi vides qu’infatuées, curieuses que nigaudes, sérieuses que ridicules.

Deux comédiens au dessus du texte

On rit, parfois, au détour d’une phrase, on sourit aussi devant la pédanterie naïve de ces deux innocents  qui s’interrogent sur le monde, l’art, la vie et beaucoup d’autres choses, en passant du pape qui fait ses courses, au football, la religion et les attentats. Ils ont, quelque part, un savoureux petit côté Bouvard et Pécuchet et il faut dire que les deux comédiens jouent la partition absurdo-burlesque avec brio : Romain Cottard (Sulki) excelle en grand dadais débitant son lot d’assertions avec un sérieux très papal tout en jouant à bon escient de sa grande carcasse. Damien Zanoly, autrement dit Sulku, s’amuse aussi en petit trublion candide et naïf aux yeux écarquillés. Parfaitement complémentaires, ils se régalent et régalent les spectateurs, aidés par la mise en scène qui alterne judicieusement déplacements et poses très muséales. Le tout est franchement agréable à regarder, des costumes pop au décor dépouillé.

Un texte inabouti

Mais que manque-t-il alors à ces conversations pour emporter l’adhésion ? Un texte qui, s’il est, oui, drôle par moments, finit par lasser ? Un manque de profondeur dans ces réflexions qui amusent certes mais s’oublient tout aussi vite ? Si une ou deux provocations laissent perplexes (non, je ne crois pas que, même au deuxième degré on puisse dire que le 11 septembre, ça, c’était de l’art, tout comme le regard d’un journaliste au moment où il est égorgé) (en tout cas ça ne m’a pas fait rire, surtout en ce 12 novembre), elles ne parviennent pas à donner au texte l’aspérité qui le rendrait suffisamment corrosif pour ne pas être ennuyeux, si tant est que c’était le but. Si on sourit la première demi-heure on s’ennuie rapidement par la suite. Sulki et Sulku ont-ils des conversations intelligentes ? Pas assez pour qu’on en sorte ragaillardis et le sourire aux lèvres.

Sulki et Sulku ont des conversations intelligentes,

texte et mise en scène : Jean-Michel Ribes

avec : Romain Cottard, Damien Zanoly

assistanat à la mise en scène : Virginie Ferrere, décors : Patrick Dutertre, costumes : Juliette Chanaud, lumières : Hervé Coudert

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