L’AFFAIRE COURTELINE – MES Bertrand Mounier Le Lucernaire

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On avait carrément aimé la dernière production de la jeune compagnie de La boite aux lettres « Le jeu de l’amour et du hasard » et sa lecture pop et peps de Marivaux : on a donc appris avec plaisir que l’équipe revient maintenant au Lucernaire avec  Courteline.

Un pari, donc, car monter Courteline n’est sans doute pas aisé : ses pièces étaient bien éloignées de celles de son condisciple Feydaud : très courtes, elles ne faisaient que quelques pages et se contentaient de croquer, en quelques répliques, des instantanés de vie dans lesquels Courteline convoquait ses semblables. Il ne dénonçait pas, il disséminait ses drolatiques caricatures en s’attaquant aux petites lâchetés et aux grandes bêtises de son entourage : bourgeoisie, justice, fonctionnaires, couples et jalousie, tout y passait avec un verve et un sens imparable de la satire.

Pour Courteline, il faut du rythme, et la Compagnie de la Boite aux lettres n’en manque pas : sous la houlette de Bertrand Mounier, les six comédiens enchainent les passages avec une fougue et un plaisir évidents : les sept saynètes (Gros chagrins, Monsieur Badin…) se suivent sans temps mort, séparées par des intervalles chantés qui ajoutent du peps au tout. Les comédiens (rejoints cette fois-ci par la pétillante Isabelle de Botton), s’amusent, ça se sent, ils virevoltent, enfilent à vue des accessoires, échangent, jouent, regardent : un bel ensemble qui visiblement se connait bien et s’écoute : joli. Raphaëlle Lemann, décidément, confirme son talent : hyper expressive, elle est toujours aussi réjouissante. On adore aussi Etienne Launay ou Philippe Perussel…. mais ceci-dit ils sont tous bons et s’ils prennent autant de plaisir, c’est qu’ils s’attachent à le rendre immédiatement à leur public, qui le leur rend bien. Un cercle vertueux bien agréable de nos jours.

Quant à la scénographie, si la belle affiche laisse entendre une explosion de couleurs comme dans le Marivaux, on est davantage ici dans une harmonie rouge et noire : plus sobre mais réussie, le tout est aussi beau à écouter qu’à regarder.

Amusez-vous, foutez-vous d’tout, dit la première chanson de la pièce : c’est ce qui reste en sortant : une envie de gaîté, de rires, et puis le reste, on oublie, on est là que pour le plaisir.

L’affaire Courteline, mise en scène de Bertrand Mounier

Avec : Isabelle de Botton, Salomé Villiers ou Raphaëlle Lemann, Etienne Launay, Pierre Hélie, Philippe Perussel , Bertrand Mounier ou François Nambot

Collaboration artistique François Nambot,

Scénograhie : Virginie H. et Bertrand Mounier

Création musicale Kahina Ouali

Théâtre Le Lucernaire, jusqu’au 6 mai

Réservations au 01 45 44 57 34

 

 

2 réflexions sur “L’AFFAIRE COURTELINE – MES Bertrand Mounier Le Lucernaire

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