PROVIDENCE – Neil Labute MES P. Laville – Théâtre Les Déchargeurs

Providence

Amours, cendres et poussière

Nous sommes au lendemain du 11 septembre. Alors que les cendres des deux tours recouvrent encore Manhattan, un homme se terre dans un appartement. La veille, au lieu d’aller travailler, dans l’une des deux tours, il est allé chez sa maîtresse. Cet homme, marié, père de deux fillettes, avait une femme, à genoux entre ses cuisses quand le premier avion percutait la tour sud. Alors que son téléphone ne cesse de sonner – sa femme – il se demande s’il ne va pas fuir avec sa maîtresse et commencer une nouvelle vie.

Le 11 Septembre n’en finira pas d’inspirer les auteurs, et, parmi les milliers de disparus, certains ont peut-être profité de l’horreur pour tout quitter. Pourquoi pas ? Avec Providence Neil Labute tente de dresser le portrait d’un couple en proie au doute. Partir, quitter femme été enfants, quitter son travail (la maîtresse de l’homme est également sa chef), continuer de mentir ou tout avouer… Si l’intention est intéressante, elle tourne ici vite en rond et on assiste pendant 1H30 aux atermoiements d’un homme lâche qui n’arrive pas à prendre une décision. La faiblesse de sa maîtresse, pourtant la femme forte du couple, étant d’être amoureuse de lui. Mais les relations homme-femme de ce couple ne suffisent pas à fournir suffisamment d’ingrédients, même avec le contexte du 11 septembre, ce qui se voulait un huis-clos dramatique se transforme en un vague échange insipide et sans intérêt.

C’est dommage car les deux comédiens ne sont pas en cause : Marie-Christine Letort et Xavier Gallais font de leur mieux : Marie-Christine Letort est tour à tour amoureuse, forte, directive et en même temps soumise, Xavier Gallais est un anti-héros faible, lâche, qui croit compenser ses frustrations professionnelles en couchant avec sa chef, incapable de prendre une décision et jouant les machos : ambigu, trouble, tour à tour doux et violent, il donne beaucoup d’ambiguïté à son personnage. Mais le talent ici ne suffit pas à masquer un texte creux et sans relief et malgré les efforts des comédiens, on finit par attendre en s’ennuyant que le temps passe, jusqu’à l’épilogue totalement attendue.

Alors que le monde s’écroule autour d’eux, ces deux là continuent péniblement de se contempler le nombril : on dit souvent que la grande histoire et la petite se rejoignent : ici, la grande n’est que le prétexte à une vague historiette sans intérêt. La déception n’en est que plus grande.

Providence, de Neil Labute

Adaptation et mise en scène de Pierre Laville

Avec Marie-Christine Letort et Xavier Gallais

Les déchargeurs jusqu’au 21 mai

Réservations au 01 42 36 00 50

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