Tchekhov à la folie – MES Jean-Louis Benoit – Théâtre du Poche Montparnasse

AFF-TCHEKHOV

Un vent de folie souffle au Poche

C’est un petit vent de folie qui souffle en ce moment au Poche Montparnasse, un souffle particulièrement vivifiant, particulièrement réjouissant, particulièrement savoureux. Les deux courtes pièces de Tchekhov, que lui-même qualifiait de plaisanteries, sont souvent montées ensemble. On y retrouve cette terre chère à l’auteur et cette âme slave qui enveloppe chacun de ces textes. Mais ici, les personnages ont l’âme explosive, le caractère tempétueux et la répartie cuisante. Ici, on ne tergiverse pas. Dans La demande en mariage, on rencontre Stepan Stepanovitch Tchouboukov qui vit avec sa fille Natalia Stepanovna. Ivan Vassilievitch Lomov, un voisin s’est présenté pour demander la main de Natalia. Mais elle ne le sait pas et la conversation dégénère rapidement en un affrontement aussi absurde que violent. Dans L’ours, c’est une veuve, Eléna Ivanovna Popova qui se mure dans la solitude pour pleurer feu son mari. Quand survient Grigori Stépanovitch Smirnov, un fournisseur très malotru à qui le mari de Natalia devait de l’argent, la situation va elle aussi rapidement dégénérer.

Dans les deux pièces, le comique tient autant aux réparties cinglantes et truffées d’humour qu’au caractère explosif des personnages, capables de se transformer en véritables furies d’une minute à l’autre, qu’ils soient hommes ou femmes. Mais c’est bien sûr ici les deux personnages féminins qui raflent la mise : Emeline Bayart se transforme en harpie, balance tables et chaises sur sa colère, joue de son visage et son expressivité mobiles avec brio. On adore ses colères autant que ces (rares) moments de doute ou de sérieux. Face à elle, Manuel Lelièvre joue les naïfs indignés avec malice tandis que Jean-Paul Farré se régale en rustre colérique qui tombera sous le charme d’une veuve au caractère bien trempé.

Jean-Louis Benoit réussit à insuffler la folie et la célérité nécessaires au texte, tout en préservant cette âme, justement, slave, que l’on sent poindre autant dans les explosions de colère que dans les solitudes des personnages. Le décor, mobile, menacera de s’écrouler avec les certitudes de Gregori Stépanovitch, alors que les spectateurs, eux, s’inclinent devant tant d’énergie et de joie.

Tchekhov à la folie, décidément, porte bien son nom et on en redemande.

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Tchekhov à la folie, d’Anton Tchekhov

Mise en scène Jean-Louis Benoit

Avec Emeline Bayart, Jean-Paul Farré, Manuel Lelièvre

Théâtre du Poche Montparnasse, jusqu’au  14 juillet

Réservations au 01 45 44 50 21

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