Des Roses et du jasmin, Adel Hakim – Cie Nom d’une troupe

des roses et du jasmon

«Mais tu sais qu’il faut toujours commencer par une histoire d’amour…». C’est selon cette logique qu’Adel Hakim dessine l’histoire du conflit israélo-palestinien, à travers le destin particulier d’une famille suivie sur trois générations. Du Mandat des Anglais en 1944 à la première Intifada en 1988, nous suivons, à l’échelle de rencontres amoureuses et de drames familiaux, l’histoire d’un pays meurtri par un conflit fratricide. Tour à tour festive, explosive et poignante, Des Roses et du Jasmin nous fait voyager entre grande et petite Histoire, responsabilité individuelle et collective, haine dévastatrice et amour libérateur.

C’est une histoire intergénérationnelle faite de haine et d’amour, de colères et de pleurs que la compagnie Nom d’une Troupe a choisie avec Des roses et du jasmin. A travers l’histoire d’une famille sur plusieurs générations, c’est le conflit israélo-palestinien et ses guerres fratricides qui sont ici racontées par des chœurs aux faux airs de cabaret, leur apparence burlesque contrastant avec la violence du sujet, pour mieux le mettre à distance.

Fidèle au texte de Adel Hakim, Hélène Blondel propose ici une version recentrée : on rencontrera ainsi Myriam, John, leur fille Lea, Aaron, le frère de Léa, puis Moshen, Saleh, Jasmine… Des comédiens investis pour incarner ces personnages à la fois liés et déchirés par le sang : notons particulièrement Marie Velter qui incarne successivement Myriam et Rose avec nuance et justesse. Si le reste de l’équipe joue le jeu avec beaucoup de conviction comme Juliette Baud, convaincante en Yasmine révoltée, ou Aurélien Legrand, qui donne beaucoup de rage à son Aaron, Julien Bertaud (John, choeur) détonnait hier en enfilant ses répliques sans réelle conviction, notamment dans la première partie. On lui souhaite de rencontrer enfin son personnage et de lui donner toute l’épaisseur que le rôle de cet officier britannique permet.

Si hier avec Leocadia la musique, devenait magnifiquement un élément de décor voire un personnage à elle seule, elle est utilisée parfois inutilement pour souligner le texte : le public n’a pas besoin qu’on lui indique que le moment est tragique en assénant une bande son adéquate. C’est dommage car le texte de Adel Hakim ne nécessite pas d’être autant surligné et se suffit à lui-même. Malgré ces bémols et dans une scénographie minimale et très joliment éclairée, toujours pertinente, l’histoire se déroule en passant du cabaret joyeux à la tragédie : le public, peu à peu, s’imprègne de ces souffrances transgénérationnelles et les ressent, attentif, plongeant lui aussi dans les affres de la guerre et de la violence des hommes.

Quelques bémols, donc, dans un ensemble au final réussi, porté par un texte brulant et politique. Le public ne s’y est pas trompé, saluant la prestation de la compagnie Nom d’une troupe avec de nombreux bravos.

 

Des roses et du jasmin, Adel Hakim

Compagnie Nom d’une troupe

Mise en scène Hélène Blondel

Avec Ingrid Boutabba, Juliette Baud, Marie Velter, Aurélien Legrand, Benoît de Saint Léger, Julien Bertaud, Sébastien Hidalgo

Festival de théâtre de Maisons Laffitte 2019

 

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