Grand-peur et misère du IIIeme Reich – Bertolt Brecht – Cie La Dérive

grand peur et misere

Grand-Peur et misère du IIIème Reich est une pièce composée initialement de 24 tableaux dépeignant de quelle manière le régime nazi s’insinue dans toutes les spheres de la vie: la bourgeoisie s’enfermant dans le silence, les chômeurs envoyés au service volontaire du travail, les militants politiques enfermés, l’embrigadement des enfants par les jeunesses hitlériennes, les scientifiques brimés dans leurs recherches, la menace de son voisin, le stupéfiant enthousiasme de la propagande.

Opposant au régime national-socialiste, Bertolt Brecht n’a eu de cesse de le dénoncer à travers ses écrits. Avec Grand-peur et misère du IIIème Reich, ce sont 24 saynètes qui dessinent la montée du nazisme qui peu à peu s’infiltre dans toutes les couches de la société allemande avant la deuxième guerre et le progressif asservissement d’une population soumise, ou craintive. 24 saynètes, pas de fil conducteur réellement fixe, le choix de monter cette pièce plutôt qu’une autre est plutôt courageux de la part de la Compagnie la Dérive. Les scènes s’enchaînent avec rapidité, les personnages et situations se succèdent sans temps mort, dans une grande variété de styles et d’effets.

Danses, jeu distancié, cabaret, passages plus classiques, les styles se mélangent et se succèdent. On aime les lumières qui éclairent élégamment, on aime certains tableaux comme cette danseuse qui peu à peu faiblit, ou tout particulièrement la scène où deux chanteurs de cabaret se gaussent et dénoncent les opposants : couleurs, jeu distancié, voilà un tableau brechtien en diable ! C’est certainement celui que j’ai préféré, et qui me fait regretter que toutes les scènes n’aient pas été jouées dans ce même registre grotesque qu’utilisait Brecht pour mieux ridiculiser et dénoncer. Les autres du coup m’ont paru moins percutantes, moins efficaces. Au final je suis partagée : si le texte me paraît, encore aujourd’hui, indispensable tant le danger des extrémismes est encore bien trop prégnant et doit, encore et encore, être dénoncé, combattu, son traitement hier m’a paru inabouti, sans doute parce que relevant de registres trop différents dans un mélange de styles pas assez cohérent.

 

Grand’peur et misère du IIIème Reich, de Bertolt Brecht

Compagnie la Dérive,

Avec Anna Créoff, Mathieu Dallongeville , Sylvain Fougères, Ophélie Joly, Mégane Kergoat, Cyril Robin , Charlotte Roulland

Mise en scène : Mégane Kergoat, Charlotte Roulland, Louise Ternois

Festival de théâtre de Maisons Laffitte 2019

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