JE CROIS QUE DEHORS C’EST LE PRINTEMPS – C. de Gregorio – G.Barberio Corsetti – Monfort Théâtre

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J’ai épousé Matthias pour ne pas le décevoir

En 2011 les jumelles Alessia et Livia, 6 ans, étaient enlevées par leur père dans la région de Vaud. Le père, Matthias, a écrit à leur mère Irina Lucidi qu’il les avait tuées. Il s’est suicidé en Italie quelques jours après en se jetant sous un train. Alessia et Livia n’ont jamais été retrouvées. Mortes ? Vivantes ? Depuis 2011 Irina Lucidi vit avec ce manque et ces questions auxquelles elle n’a jamais trouvé réponse.

C’est cette histoire que racontent Georgio Barberio Corsetti et Gaia Saitta. La comédienne accueille les spectateurs, demande à quelques uns d’entre eux s’ils veulent bien l’aider à raconter cette histoire. Ceux-ci (six en tout) prennent place sur la scène quasiment nue. Un écran, une table, six chaises donc, et une caméra. Gaia Saitta commence alors son récit. A travers elle, son regard, sa voix, c’est Irina qui parle. Sa rencontre avec Matthias, son couple, cette histoire au début idyllique qui peu à peu va s’effriter. Ce gendre idéal qui peu a peu se révèle de plus en plus sombre. L’emprise. Les doutes. Le divorce. La séparation qui se passe a priori bien, jusqu’à ce jour où Matthias vient chercher les filles et disparait.

Sur scène, Giaia Saitta vit et devient Irina, dans un savant mélange d’incarnation et de sobriété. Elle vibre sans jamais franchir le lien ténu de l’emphase, captive le public rivé à cette histoire que l’on sent devenir sienne. Elle s’adresse donc à plusieurs reprises aux spectateurs : aux six sur scène mais aussi à quelques-uns dans la salle. Ces six là vont donc vivre l’histoire sous les yeux des autres spectateurs (ils seront la grand-mère, la psychologue, le juge, le policier… auxquels Irina s’adresse, les yeux dans les yeux, tandis que leurs visages seront projetés sur l’écran). Une immersion dans l’histoire même, le public devenant acteur-passif.  Un procédé intéressant qui fait la part belle à la relation acteur-spectateur : on s’y sent imprégné mais, et je le dis en l’ayant vécu puisque j’ai accepté d’être sur scène et de prendre part à cette histoire, on peut être tenu à distance par le procédé même. C’est assez complexe : quand Gaia Saitta est venue s’asseoir face à moi, son regard, ses yeux, m’ont captivée : je le disais, elle incarne Irina avec une intensité réelle qui semble vécue et surtout pas jouée. J’ai plongé dans son récit. Pour autant, le fait d’être sur scène sans doute, de devoir jouer (à rester silencieuse, à écouter, à ne pas bouger ou frissonner, à faire ce qu’il fallait faire, donc rien) et ce tout au long de la pièce que j’ai donc vue installée à cour, m’a laissée curieusement à distance de ce récit. J’étais une figurante qui s’appliquait à rester sage, je me contrôlais, j’écoutais, je voyais une très belle prestation de Gaia Saitta, mais je ne vibrais pas.

J’aurais sans doute été plus imprégnée si j’étais restée dans la salle, qui sait ? J’en retiens une très belle incarnation, une leçon de vie, d’espoir, de confiance et d’apaisement. Dehors c’est le printemps ? Sans aucun doute : ce message-là, lui, est bien passé.

Je-crois-que-dehors-cest-le-printemps--

Je crois que dehors c’est le printemps

Projet et mise en scène Georgio Barberio Corsetti et Gaia Saitta

Texte Concita de Gregorio, adaptation théâtrale et jeu Gaia Saitta

Le Monfort théâtre, jusqu’au 23 novembre, réservations au 01 56 08 33 88

 

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