LE BRUIT DES LOUPS – ETIENNE SAGLIO – Théâtre du Rond-Point

(c) Stéphane Trapier

Le bruit des loups ou l’appel de la forêt imaginaire…

Des limbes, précédent spectacle d’Etienne Saglio, je me souviens d’une longue gabardine rouge, de feuilles de plastiques qui flottaient autour du magicien, et de cette impression ouatée d’être emportée dans une spirale floue faite d’apesanteur et de légèreté.

Aujourd’hui, c’est dans une forêt ensorcelante que nous entraine le jeune magicien, dans un conte initiatique peuplé de créatures extraordinaires, d’animaux réels et irréels.  En s’installant dans la grande salle Renaud Barrault, c’est une scène presque vide que l’on découvre, recouverte d’un carrelage en damier. Un ficus sur le côté, une porte en fond de scène, sas vers une autre réalité. Rien d’autre, mais soudainement apparait la silhouette dégingandée d’Etienne Saglio : le jeune homme s’ébroue tout autant que le ficus dont il prend soin, tout autant que le spectacle qui commence alors, emmenant le spectateur dans un voyage fait de rêves, de souvenirs d’enfance, de peurs oubliées, de protecteurs imaginaires.

Le public oscille alors sans cesse entre rêve et réalité. Un loup, un cerf, un écureuil, une hermine ou une souris viendront sans arrêt titiller sa curiosité : sont-ils réels, sont-ils des marionnettes, des projections vidéos ? Sont-ils seulement le produit de son imagination ou existent-ils vraiment, là, sur la scène du Rond-Point où ils paraissent tellement vivants ?

D’ailleurs sommes nous toujours dans cette salle ou bien avons-nous, nous aussi, été transposés dans un univers parallèle ? La frontière est ténue et nous maintient sans arrêt en fragile équilibre entre deux mondes : il sera alors plus facile pour le spectateur de se laisser aller, de lâcher prise et embarquer aussi, le temps (trop court, beaucoup trop court) d’un voyage au pays des merveilles.

Etienne Saglio s’empare du réel pour le rendre irréel, fait revenir des souvenirs d’enfance teintés de peurs et de réconforts, nous ramène à nos cabanes d’enfants et nos frayeurs irraisonnées. Peu importent les jeux de lumière que l’adulte, encore terré tout au fond de nous, sait qu’ils se jouent de notre perception, peu importe le schéma narratif, écrit, pensé, construit, autour de ce conte, on s’y enfonce sans résistance, sur les pas de cet enfant et de ce géant, de ces animaux fantasmés comme du petit renard Goupil, facétieux narrateur d’un histoire extraordinaire née dans les pensées ordinaires des enfants que nous avons un jour été, puis oubliés.

Le bruit des loups,  création et interprétation Etienne Saglio

Avec : Bastien Lambert en alternance avec Murielle Martinelli, Guillaume Delauney, Emile, Boston

Dramaturgie et regard extérieur : Valentine Losseau
Regard extérieur : Raphaël Navarro
Scénographie : Benjamin Gabrié
Musique : Madeleine Cazenave
Création et régie lumière : Alexandre Dujardin
Création sonore et régie son : Thomas Watteau

Théâtre du Rond-Point, jusqu’au 20 novembre, réservations au 01 44 95 98 21

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