VOUS QUI PASSEZ SANS ME VOIR – Sébastien Biessy

Un comédien sort de scène. Dans sa loge, l’attend une femme qu’il ne connait pas… Quel secret lie ces deux personnages ?

« Vous, qui passez sans me voir… » est une pièce intime, qui met en scène l’histoire d’un amour passionné, dévorant mais tout à la fois impossible et à sens unique…

Huis clos confiné dans une loge de théâtre mais qui pourtant emmène le spectateur jusqu’à Rio de Janeiro,  » Vous qui passez sans me voir  » joue sur les codes de la comédie comme sur ceux du drame. Elle raconte les destins croisés de 3 personnages sur 2 époques.

Enfin, elle se veut légère et grave à la fois, triviale tant qu’il s’agit de jeu au présent, puis soudainement tragique quand elle replonge dans le passé et soulève des questions de responsabilités non assumées, de culpabilité vite oubliée…

Ce dernier festival de Maisons Laffitte, offre quelques moments de nostalgie, alors même qu’il reste encore une journée de festival. Hier, la compagnie de la Mansonnière proposait de nouveau Vous qui passez sans me voir, créé en 2019. Ecrite par Sébastien Biessy, la pièce raconte une histoire sombre et pourtant touchante. Une jeune femme, Marie, s’introduit dans la loge de Pierre de Roquefeuille, un comédien français au sommet de sa gloire. Ils ne se connaissent pas, elle prétend n’avoir vu aucune de ses pièces, mais elle sait son répertoire par coeur. On apprendra au fil de leurs échanges qui elle est, ce qu’elle est venue chercher et surtout quel est le passé de cet homme et le rôle qu’il a joué auprès d’une certaine Hélène.

Trois ans après sa création, la pièce a pris une belle épaisseur et le jeu des comédiens de la maturité : Béatrice Biessy, rayonnante, ajoute encore de la subtilité à son jeu, rendant le contraste entre les scènes légères et les scènes plus graves encore plus frappant. La palette de jeu est encore accrue, encore plus maîtrisée. Yves Chambert-Loir donne lui aussi des couleurs plus profondes à Pierre de Roquefeuille : son personnage, comédien puissant et plein de morgue, va se fissurer plus lentement, plus subtilement encore, jusqu’à faire apparaître un tout autre homme, tiraillé, déchiré par la passion, les tourments, et enfin les remords.

La version présentée hier a donc gagné en maturité, tout en gardant intact cet amour du théâtre qu’on devine entre chaque ligne, derrière chaque extrait de classiques que les deux personnages s’amusent à rejouer. Intact ou plutôt grandi, on le sent on le devine. On espère que cette pièce tournera encore, et longtemps.

Vous qui passez sans me voir, de Sébastien Biessy

Festival de théâtre de Maisons Laffitte

L’avis de Christine, du blog Théâtre Coté Coeur

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