Chat en poche – Georges Feydeau – Cie de la Mansonnière

Rendre Feydeau actuel sans trahir Feydeau, par le respect absolu du texte lié à la modernité de la mise en scène, et par le clin d’œil aux standards de son époque sans se soumettre aux conventions de cette dernière.

Cette pièce raconte l’histoire d’un ténor qui en fait n’en est pas un et qui monte depuis Bordeaux à Paris pour faire ses études mais s’éprend de Madame Pacarel en pensant qu’il s’agit de Madame Landerneau pour finir par épouser Julie.

Dans Chat en poche, vous découvrirez le mari, la femme, l’ami du mari et la femme de l’ami du mari sans oublier la fille (du mari et de sa femme), un jeune homme que le mari veut marier à sa fille mais qui tombe amoureux de sa mère tandis que la femme de l’ami du mari aime bien le jeune homme elle aussi et puis arrive aussi un autre jeune homme que la fille aime beaucoup. Sans oublier le majordome Tiburce qui ne dit pas grand-chose mais qui à mon avis n’en pense pas moins.

C’est clair ou vous voulez un doliprane ?

Vous l’aurez compris, on a ici du quiproquo, des malentendus, un ténor, des allers-retours et des mensonges, des amoureux cachés, bref, du vaudeville pur et dur à la Feydeau.

Pour clôturer cet ultime Festival de théâtre de Maisons Laffitte, la compagnie de la Mansonnière présentait dimanche soir Chat en poche, donc, dans lequel elle conserve intacte la mécanique bien huilée du rire tout en le débarrassant des scories du vaudeville (le guéridon, les portes qui claquent…). Le décor est réduit à un banc, la scénographie toute en noir et blanc, hormis une touche de jaune sur le gilet rayé de Tiburce : belle idée que ces tenues monochrome, ce qu’il faut pour le moderniser tout en gardant, dans les dentelles, les canotiers ou ce gilet, justement, un esprit 19e suffisamment classique, mais pas trop. Ici on dépoussière sans saccager, on modernise sans vulgarité.

On dépoussière donc, mais on garde ce rythme frénétique, endiablé où les portes ne claqueront jamais mais nos rires, oui, grâce aux comédiens qui débordent d’énergie, de plaisir évident et de joie : Béatrice Biessy excelle décidément dans les rôles comiques, on se régale de chacune de ses mimiques ou regards. Laure Boinet est hilarante avec son embonpoint factice et son jeu burlesque, Nathalie Forquignon est une jeune fille (la fille du mari, vous vous souvenez ?) délicieusement pimpante. Quant aux messieurs je ne les oublie pas mais impossible d’en citer un plus que l’autre tant ils sont impeccables dans leur maitrise du comique vaudevillien. Ah si, je vais citer Léopold Biessy (le fils de celle qui joue la femme, mais aussi de celui qui dirige le tout) : il en faut, du stoïcisme, pour rester… stoïque et quasi-muet tandis qu’autour de soi virevoltent des comédiens branchés sur 100 000 volts. 

Dans la mise en scène truffée de trouvailles de Sébastien Biessy, le majordome Tiburce est le pivot autour duquel évoluent une flopée de personnages exubérants. Que ce soit dans les costumes ou les déplacements, le tout est très graphique, on pourrait presque imaginer les planches de bd qui prennent vie sous nos yeux, dans une inspiration cartoonesque jamais excessive, toujours maîtrisée.

Un vrai bonheur, donc, pour clôturer cet ultime Festival de théâtre de Maisons Laffitte. En nous quittant tous dimanche dans la nuit (comédiens, spectateurs, troupes, organisateurs, animateurs, accompagnants, …), nous ne nous sommes pas dit « à l’année prochaine » comme à l’accoutumée ; ce festival était devenu pour beaucoup un rendez-vous incontournable et attendu. Il nous manquera, c’est évident, et j’en suis encore toute émue en écrivant ces lignes. Mais, comme disait l’autre, show must go on.

Merci Sébastien, merci Bri… Béatrice, merci Yves, Nathalie, Patrick et tous les autres. See you soon.

Chat en poche, Georges Feydeau – Comédie de la Mansonnière

Festival de Théâtre de Maisons Laffitte

AvecLéopold Biessy, Béatrice Biessy, Yves Chambert Loir, Pierre-Yves Blanchard, Laure Boinet, Martin Biessy, Nathalie Forquignon, Jean-Baptise Roche

Mise en scène Sébastien Biessy

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